La Cloche de Vermelle

La Cloche  de Vermelle
La vieille égise de Vermelle N’a qu’un modeste et bas clocher Les fleurs de l’Ame L.Jacquet (L'article ci dessous est extrait des "Glanes historiques" écrites par Jean Armanet, alias Jean Exparum, au milieu du XXème siècle) La cloche, fondue en 1655 est classée à l'inventaire des monuments historiques.

        

 Son unique  et vénérable cloche n’est pas une inconnue pour les habituées de cette rubrique, si nous en parlons encore aujourd’hui, c’est pour en faire connaître le coût et montrer qu’au XVII° siècle, comme de nos jours, hélas ! promettre et tenir font deux.
 Elle pèse cent livres de plus que sa devancière, le fondeur ayant ajouté du métal à raison de 18 sols la livre.
 Comme pour la fonte maître Grizard avait brûlé du bois de Ruy et utilisé le moule qui avait servi à la fabrication d’une cloche de cette paroisse.
Les gens de Ruy s’imaginèrent que Grizard leur avaient dérobé du métal et en avait fait profiter Vermelle. Aussi, ne soldèrent ils, le maître fondeur qu’après un long procès, le 27 février 1659. 

Mais par suite de la misère régnante, et peut être l’exemple  de Ruy aidant, Grizard ne fut guère plus heureux avec les gens des hameaux de Nivolas et de Vermelle.  Pour obtenir paiement de son travail, il dut plaider aussi.

Les Archives de l’Isère, sous la cote-B.2597, contiennent un arrêt du 1° février 1656 que nous résumons ci-après :

 Entre Sébastien Grizard demandeur en règlement du 6 octobre 1655, d’une part, MM Benoist  Silvent et Charles  Perrichon, défenseurs et lesdits Silvent et Perrichon demandeurs en assistance de cause et garantie, d’une part et les consuls de Vermelle et de Nivolas, d’autre part – Le document manque, ici, de précision sinon d’exactitude : ni Vermelle, ni Nivolas n’étaient des communautés. En effet, il y avait des consuls des Eparres, Vermelle, et de Serezin, Nivolas, et parfois un seul curé desservant les églises paroissiales de Vermelle et de Serezin.

 M° de Trivio, avocat de Grizard, a dit que son client étant  « au lieu de Ruy, au mois de février 1655, le curé de Vermelle et Nivolas avec quelques uns des habitants, le furent prier de refondre  leur cloche qu’ils lui apportèrent, en morceux, ce quoy ledit Grizard ayant satisfait ledit curé et lesdits habitants convinrent avecq luy, tant pour son travail que pour le mestal qu’il y avoit adjousté, à la somme de 146 livres, laquelle ils promirent de luy payer dans peu de jours et soubz cette promesse retirèrent leur cloche qu’ils firent porter chez ledit Perrichon

 Après quoi, ledit Grizard ayant demandé son payement, on auroit deslibéré de cottizer tant pour y sattisfaire que pour faire des réparations nécessaires à l’église et cependant de faire un rôle d’emprunt pour le payement deub audit Grizard. Lequel roolle auroit esté remis pour la part de Vermelle à Benoist Silvent et pour celle de Nivolas audit Perrichon.

 Et tous deux ayant exigé diverses sommes sans avoir rien payé audit Grizard, il aurait esté obligé de se pourvoir à la Cour par requeste et y faire appeler lesdit Silvent et Perrichon. Contre Silvent, il auroit obtenu défault à faulte de se présenter. Depuis la cause esté renvoyé à l’audience et plusieurs fois remise sur les négations faites par Silvent et Perrichon d’avoir heu aucun rolle en forme et sur lequel ils aient pu exiger, payement- Benoist Silvent, de Vermelle, avait bien reçu un rôle sur Ruffieu  et avait même payé en temps voulu, la part incombant aux habitants dudit lieu, pour la cloche de Ruy fondue et refondue en 1655.Comme un autre honneste Benoist Silvent, de Ruyffieu, était mort en février 1654, nous avions à tort émis quelque doute sur le nom du recepveur de Riffieux

 La cour aurait ordonné que les consuls des communautés des Eparres et de Serezin seraient en cause. Ils comparurent en effet devant elle. La demande de Grizard ne pouvant souffrir  aucune difficulté ! ils ‘agit des salaires d’un pauvre artisan étranger, Lorrain, qui depuis dix à douze mois a esté contraint de rouller pour avoir son payement et a consommé tout ce qu’il avoit ; de Trivio conclut à ce que Silvent et Perrichon, ou en tout cas, les consuls, soient condamnés aux frais et au payement, dans un bref deslay de la somme convenue et avec intérêts.

 Messire Clavière, avocat des consuls, dit qu’ils ne peuvent sattisfaire audit payement que dans un deslay condidérable, à cause des grandes oppressions qu’ils supportent. Ces grandes oppressions n’avaient pas empêché les paroissiens de Ruy, dépendant du mandement des Eparres de tenir leur parole. (Moniteur de Bourgoin, 24 août 1934.)

 La cour a condamné et condamne les Consuls et communautés de Nivolas et de Vermelle à payer audit Grizard, la somme de cent quarante six livres dont il s’agit dans le mois passé lequel  et à faulte de ce faire, y seront contraincts en leur privé nom, par saisie, vente, deslivrance de leurs biens et aultres voyes deubes et raisonnables et les a condamnés aux despens.

 Fait à Vienne, ce premier de febvrier 1656.

 L’état de liquidation des frais n’est pas venu jusqu’à nous. Les documents d’archives connus n’indiquent pas non plus, si les consuls intéressés reçurent à temps les rôles nécessaires en due  forme et purent s’acquitter au moment voulu, sans essayer de passer entre les murailles de l’arrêt de Cour , ce qui n’aurait certes pas alors facilité l’Intendant.

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