Nivolas-Vermelle et son histoire

Nivolas-Vermelle et son histoire
L’existence communale de NIVOLAS-VERMELLE est assez tardive puisque sa création ne remonte qu’à la fin du XIX siècle (1882). En effet, depuis de nombreux siècles, les hameaux de NIVOLAS et de VERMELLE, malgré leur proximité géographique ont des origines et un passé historique différents. Après la guerre entre le Dauphin GUIGUES VII et PHILIPPE, comte de Savoie, un acte daté du 14 mai 1269 redéfinit les frontières entre les deux royaumes. VERMELLE et RUFFIEU, qui dépendaient des EPARRES, seigneurie de MAUBEC, étaient des terres de Savoie. Tandis que le hameau de NIVOLAS, qui dépendait de SEREZIN, baronnie de LA TOUR, était une terre du Dauphiné. La frontière entre les deux hameaux, était la rivière L’AGNY. Si les frontières, pour les habitants d’un village avait une valeur relative, le fait demeure. En 1349, après la cession du Dauphiné à la France, MAUBEC, LES EPARRES et ses terres (dont VERMELLE et RUFFIEU) font un retour définitif au Dauphiné. Nous vous proposons d’étudier séparément l’Histoire de ces deux hameaux, en commençant par celui de NIVOLAS.

NIVOLAS

Des chartes du XII siècle font déjà mention de NIVOLAS. Son origine serait aux dires de certains auteurs « la plaine », en vieux français « la nivelle », c'est-à-dire, l’endroit où le terrain est nivelé. En français de l’époque cela donne « nivollaz » ou « nyvolla » ou « nyvollas ». Donc le nom  « la plaine de VERMELLE » est devenu la « NYVOLLAS DE VERMAELLA ». Pour certain étymologistes, ce toponyme viendrait du latin « nebula » dont le sens est « brouillard » ou en patois « niévoule ».

Bien avant la construction de la nouvelle route royale, il y avait dès le XIII et XIV siècles, quelques petites industries à NIVOLAS, des artifices (artisanat-fabrication) ainsi que quelques habitations attenantes, sur la rive droite de l’AGNY, côté Dauphiné. À l’extrémité sud du village actuel, vers le quartier des BERLIOZ, il y avait un moulin seigneurial. Un inventaire du Viennois nous dit « en 1395, noble HENRY DE VALLIN, chevalier, y avait entre autres biens, un moulin actionné par les eaux dérivés de l’Agny ». Le moulin seigneurial était tenu par un commerçant de VERMELLE. Toujours dans le même quartier, le 25 avril 1603, JACQUES DE GROLEE comte à VIRIVILLE, seigneur de CHATEAUVILLAIN, vend à M. GHUILHAUME CACHARD notaire royal à NIVOLAS, un pressoir à huile, une scie, un moulin à pâtes (papier).

Un peu plus bas, près des RAVINEAUX, un seigneur de QUINSONAS va louer une partie des eaux de l’AGNY pour y installer des artifices. Toujours en suivant la rivière jusqu’au petit pont du BAS-VERMELLE, il y avait également d’autres artifices. Du XVI au XVIII siècle, l’activité industrielle était le chanvre. Les personnes qui travaillaient aux artifices étaient des fileurs, des tisserands, des cordiers, des peigneurs de chanvre.


Entre les RAVINEAUX et le petit pont du BAS-VERMELLE, il y avait quelques rares groupes de maisons. Là, se trouverait l’origine du hameau de NIVOLAS. Mais c’est récemment que le hameau de NIVOLAS s’est transformé en bourg, grâce à la construction de la route royale dont les travaux débuteront en 1739.


En 1849, une église paroissiale est construite à NIVOLAS. Elle fait la relève de VERMELLE qui avait la charge démesurée des fidèles de SEREZIN, des EPARRES et de MEYRIE. Elle correspond à peu près à l’ancienne paroisse de VERMELLE d’avant 1793 avec en plus RUFFIEU jadis annexe de l’église de RUY et en moins les TRAPES et CHALETOUT passés aux EPARRES en 1884.


VERMELLE


Pour certains étymologistes, le toponyme « VERMELLE » viendrait du gaulois « verno » qui désigne « l’aulne ». Pour d’autres, le mot celtique « ver » veut dire « guerrier » ; « bel » signifie le mont, la colline ; ou encore « mola » : la motte, le mollard. Le monticule qui porte la chapelle est-il un tumulus ? Un ancien sanctuaire païen ? Une motte castrale ? Seules des fouilles, permettraient de le savoir.


Aux environs de l’an 1000, le hameau de VERMELLE comprenait une vingtaine de maisons, quantité de vignes, une église et une rivière le traversait. Les constructions en bois, fragiles, ne duraient pas longtemps. Elles furent souvent détruites et reconstruites avant de l’être en matériaux plus solides (pierre, pisé…). Une maison forte plutôt qu’un château existait déjà au XIII siècle, car en 1290, AYMON DE BOCSOZEL, seigneur de MAUBEC rendit hommage au dauphin HUMBERT Ier, au château de VERMELLE. On ne connaît pas les propriétaires de ce domaine, mais on sait que son histoire est liée à celle de la famille de RIVOIRE, une famille très ancienne du Dauphiné. Au XVI siècle, lors des guerres de religion, l’ancien chemin royal de la CÖTE ST-ANDRE à BOURGOIN par l’étang de la gouille et la crête des chomes valut souvent aux VERMELLOIS le pillage par les bandes armées en garnison à BOURGOIN.


La première mention de la paroisse de VERMELLE dont nous ayons connaissance est de 1113. À cette date, GUY DE BOURGOGNE archevêque de VIENNE, donna aux religieux de l’ordre de ST-RULF (VALENCE) l’église de ST-MARTIN DE VIENNE avec ses dépendances, dont VERMELLE qui est désignée sous le nom de ST -ROMAIN DE VERMEELLA. Donc, à partir de 1113, VERMELLE est confiée aux religieux de ST-RULF. En 1180, selon un cartulaire de la commanderie templière de VAULX, AYMO curé de RUFFIEU avait à sa charge l’église de ST-ROMAIN DE VERMAELLA. ST ROMAIN était le protecteur de VERMELLE avant d’être remplacé par ST-BLAISE (peut être lors des grandes épidémies de la peste noire).


Le territoire de la vieille paroisse de VERMELLE s’étendait donc sur le mandement des EPARRES (marquisat de MAUBEC) qui comprenait le HAUT et BAS VERMELLE, LES TRAPES, CHALETOUT et sur le mandement de CHATEAUVILLAIN (NIVOLAS, BRANTON et CURTET). La rivière de l’AGNY séparait ces deux mandements. Elle était l’une des cinq paroisses qui constituaient la communauté des EPARRES. Cependant, si VERMELLE avait une vocation sacerdotale, c’est à RUFFIEU que se tenaient les registres paroissiaux.


Le clocher de VERMELLE possédait deux cloches. La moins pesante refondue en 1640 fut réquisitionnée et enlevée par les révolutionnaires en 1793. L’autre cloche, la plus grosse est toujours là (classée aux monuments historiques). Elle a été refondue par SEBASTIEN GRIZARD, maître fondeur de cloches de LENCOURT, en LORRAINE, en même temps que celle de RUY. Sur la frise en latin, on peut lire « Jésus, Marie, St Blaise, priez pour nous.1655. » suivi de « Messire Fillon. Charlotte Girerd » vraisemblablement le parrain et la marraine de cette cloche.

En 1791, le marquisat de MAUBEC est dissous et les communes sont créées en 1793. Le 7 octobre 1793, la commission de délimitation va définir les limites de la nouvelle commune des EPARRES. Le hameau de VERMELLE ne redeviendra paroisse qu’en 1801 jusqu’à ce que NIVOLAS le détrône en 1849.


NIVOLAS-VERMELLE


Ce bref aperçu historique met en évidence l’essor industriel très précoce de NIVOLAS grâce à son cours d’eau l’AGNY, amplifié par la construction d’un important axe de communication (route royale, nationale et départementale) qui a également favorisé la croissance démographique du hameau de NIVOLAS qui s’est progressivement transformé en bourg prospère. À l’inverse, le hameau de VERMELLE, plus à l’écart de cette nouvelle voie de communication, n’a pas subi un développement démographique et industriel comparable à son voisin. Sa principale vocation était religieuse, puisque que VERMELLE était l’une des cinq paroisses qui constituaient la communauté des EPARRES. Son existence communale ne fut jamais réelle jusqu’à la création de la commune de NIVOLAS-VERMELLE en 1882.


F. PIRAUDON-O.FLECHE

Au fil du passé


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