La légende du chemin Pillot, une révolte des femmes.

		La légende du chemin Pillot, une révolte des femmes.
Le vendredi 14 octobre 1644, sur les 8 heures du matin, Mazet, son aide et deux sergents venus de Cessieu, à défaut de ceux de Bourgoin, armés de fusils, de pistolets et d’épées arrivèrent à Ruffieu, flanqués d’un mulet, portant les bagages et munitions. Ils entrèrent d’abord chez une femme qui, s’opposant à ce qu’on sorte de chez elle, les objets saisis, fut par Mazet, jetée à terre et traînée par les cheveux.

Ensuite ils passèrent  chez Jacques Goyffon, saisirent des meubles et des sacs de grains qu’ils  essayèrent d’emporter chez un voisin, mais Goyffon s’opposa à ce transfèrt, pendant que sa femme et sa fille, aux cris de « Alarme au 5%, » provoquaient un attroupement de femmes, qui expulsèrent à coups de pieds, les gens du fisc.
Ceux-ci, traînant leur mulet fuirent vers Vermelle, sous une grêle de pierres  et les huées d’une douzaine de femmes qui les poursuivirent jusqu’au-delà de la dernière maison du village, criant « assommons ces voleurs, ces brigands. Mieux vaut être pendu que mourir de faim ».
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 Arrivés tout essoufflés à Vermelle, Mazet et ses acolytes procédèrent à deux saisies, non sans quelques difficultés. Ayant trouvé porte close chez Bernard Silvent, ils l’enfoncèrent à l’aide d’un pal de fer. Pendant que la femme d’un autre saisi, courant au travers du village criait : Alarme au 5 %.  
    
 La  population ainsi alertée, elle revint et lança des pierres aux gabelous. Un grand nombre de femmes accourues de Vermelle et de Nivolas encerclèrent les gens  du fisc.
L'une d’elles, une jeune femme, Dymanche Perroncel, les interpela vivement en disant : « Vous feriez bien mieux de vous retirer tous, car on a résolu, ici, et dans toute la contrée, de ne plus payer la taille. La dernière n’est pas due. Un gentilhomme nous a dit de ne pas payer. Puis ajouta ironiquement : allez aux Eparres, l’on vous y attend, vous trouverez à qui parler. Tous n’est pas encore passé ».

Avant de suivre les conseils de Dymanche PerroncelMazet et ses compagnons vinrent se plaindre à, Florys Pilliot, pour lors consul des Eparres et lui demander main forte, comme le prescrivait l’arrêt du Parlement.
 Florys Pilliot, qui était aussi le mari de Dymanche Perroncel, battait son blé au fléau. Pour se débarrasser de ces importuns, il se contenta de leur offrir à boire du vin des Chômes.

Ainsi réconfortés, ils allèrent aux Eparres où ils trouvèrent bien à qui parler : une bonne vingtaine de femmes  plus ou moins armées les attendaient.
La réception fut si chaude qu’une information ordonnée par la Cour des Aydes se fit à Bourgoin, dès le 2 novembre et dura dix jours : les suite en sont inconnues. F.Gauduel, Sédition aux Eparres en 1644.

Toutefois il semble que la punition ne fut pas bien terrible : l’année suivante, les gens de Bressieux en firent autant et les Eparres obtinrent une réduction de ¾ de feu. D’ailleurs il est certain que le consul de Vermelle et sa femme ne furent point trop maltraités.
Florys Pilliot continue à vaquer à ses affaires, marie  ses 3 filles, vers 1662, avec une dot se montant à 450 livres ; en 1679 il vit encore rentier du seigneur de Maubec, en un de ses grangeages de Vermelle.

 Dymanche Perroncel, restée veuve, testa le 27 juin 1688 et mourut dans sa maison, sise à la croisée des chemins de Vermelle à Ruffieu et de Nivolas à la Croix des Chômes.
 Le chemin qui part de sa maison porte toujours le nom de chemin de Pillot
 

 Ainsi par son  testament du 27 juin 1688, Dymanche Perroncel, veuve de Florys Pilliot, voulait « qu’après son décès, il soit fait un trentain et appel de 3 curés, chacun célébrant la sainte messe….à raison de 5 sols pour chacun… et des anniversaires pendant la vie de son héritier par le curé de Vermelle à raison de 5 sols. En cas de refus du curé de la paroisse, elle entendait que son fils et héritier Antoine Pilliot put faire dire les messes par tel curé que bon lui semblerait ».

 Mais peu d’années après la mort de sa mère. Antoine Pilliot, veuf, vendit tous ses biens pour aller tenir café à Bourgoin où habitait déjà un de ses fils, Michel, marchand cannebassier. Les biens d’Antoine Pilliot à Vermelle furent acquis en 1696 par Etienne  Armanet, son neveu, sieur Jacques Rivoire,  M°Thomas Couturier, notaire aux Eparres et autres.
Certains acquéreurs n’avaient pas encore entièrement soldé leurs achats le 15 août de l’année 1748, aussi Michel Pilliot, procureur aux Cours de Lyon, se réserva tous droits contre les détenteurs des fonds  de son grand père - Minute Lacroix, 1748.

C’est dans la maison de François Pilliot, marchand, frère du procureur et de Louise Lambert, sa femme que fut établie en 1769, sous les auspices de la municipalité, la première manufacture de Bourgoin : une filature de laine - Moniteur de Bourgoin, 22 juin 1929.

Les Pilliot, laisseront Vermelle pour Bourgoin, puis Bourgoin pour Lyon .On voit que la désertion des campagnes devant l’attraction des villes n’est point fait nouveau.

D'après les Glanes historiques : Johannès Exparrum.

R. Dolin
Au fil du Passé

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