LE TRAMWAY DE NIVOLAS

LE TRAMWAY DE NIVOLAS
En 1865 est votée la Loi Migneret qui permet aux départements et aux communes de construire ou concéder des lignes de chemin de fer dites d’intérêt local. Ces lignes constitueront le réseau secondaire ayant pour but de relier entre elles des villes ou villages de moindre importance.

Les grandes agglomérations étant elles reliées par le réseau primaire qui est exploité par de grandes compagnies comme PO (Paris-Orléans), Est, PLM (Paris-Lyon-Méditerranée), etc. Ces compagnies seront réunies en 1938 pour former la SNCF.
Pour être rentables les lignes d’intérêt locales ne sont pas forcées de respecter les normes de construction et d’exploitation du réseau primaire. Par exemple, l’écartement des voies peut être inférieur aux 1,435 m des voies dites normales des grands réseaux. Ainsi la voie métrique déjà utilisée par les chemins de fer miniers ou industriels est souvent choisie. Les rails peuvent aussi être plus légers, et lorsqu’ils sont posés sur les routes ou en accotement de celles-ci, ces chemins de fer sont alors appelés tramway. Ils ont l’avantage d’éviter la construction de nouveaux ouvrages d’art tels que les ponts. Des économies sont aussi réalisées sur le matériel roulant, les locomotives sont moins puissantes que celles du réseau primaire et les voitures d’un gabarit inférieur. Mais à une époque où les seuls moyens de déplacement sont la marche à pied ou la diligence, l’arrivée de ces « petits trains » constitue un progrès considérable, même si les vitesses sont faibles, de l’ordre de 20 km /h et le confort tout aussi relatif.

Notre commune a connu de nombreux projets de desserte par chemin de fer.
En novembre 1893, le conseil municipal de Nivolas demande l’établissement d’une station près du Pont de la Poudrière, au kilomètre 46, sur la ligne PLM reliant Lyon à Grenoble entrée en service en 1862. Cette demande ne sera pas satisfaite.

En janvier 1894,
la commune s’adresse cette foi à la Compagnie du Chemin de fer de l’Est de Lyon pour encourager la création d’une ligne entre Bourgoin et St Marcellin par La Côte St André. Cette compagnie exploite le réseau secondaire qui depuis 1881 relie Lyon à St. Genix-sur-Guiers en passant par St.Hilaire-de-Brens et Sablonnière. Depuis 1882 elle exploite également l’embranchement Sablonnière-Montalieu, et elle construit la section qui reliera St.Hilaire-de-Brens à la gare terminus de Jallieu à partir de 1899. Mais le prolongement de la ligne de Jallieu vers St.Marcellin ne se fera jamais.

Plus tard, en juin 1894, le Maire de Nivolas reçoit une demande de Messieurs Guillet Sennequin et Bugey, entrepreneurs à Grenoble, au sujet de l’établissement d’un tramway à vapeur de Morestel à Bourgoin (gare PLM), et de Bourgoin à St Jean de Bournay par la Combe des Eparres et Meyrié, et plus tard de La Combe des Eparres à La Côte St André par Champier. Ces Messieurs souhaitent connaître les possibles lieux d’implantation des gares, haltes, ou poteaux d’arrêt appelés à desservir notre village. Mais ils souhaitent aussi connaître le montant des subventions qui pourraient être versées par la commune ou des particuliers pour la réalisation de ce projet. Le conseil accueil favorablement cette demande, tout en jugeant prioritaire la ligne de Bourgoin à La Côte St André par Champier. Depuis 1892 le village de Champier est doté d’une gare sur la ligne de tramway Vienne-Charavines exploitée par la Compagnie des Chemins de fer économiques du Nord. Cette ligne étant elle-même raccordée à d’autres réseaux, une connexion à la ligne passant par Champier aurait donc été très intéressante.

Quatre ans plus tard, en septembre 1898,
c’est un entrepreneur de chemins de fer Lyonnais, Monsieur Bureau, qui expose son projet de tramway de Bourgoin à Châteauvillain. Son idée est d’abord mal accueillie, sous prétexte que la commune est déjà très endettée et ne pourra donc accorder aucune subvention et céder aucun terrain, de plus le tramway serait préjudiciable aux commerces locaux. En effet le conseil municipal de l’époque estime que les personnes qui passent par Nivolas font leurs provisions dans les commerces de Nivolas, et que du moment où il y aura un tramway qui ne s’arrête que quelques minutes toutes ces provisions seront faites à Bourgoin ou à Châteauvilain. Pourtant un an plus tard, en août 1899, le conseil change de position et donne un avis favorable au projet en ajoutant quelques conditions : les entrepreneurs du tramway seront responsables de tous les accidents qui se produiront sur la commune soit par l’établissement du tramway, soit par sa marche. Les réparations jugées nécessaires aux fontaines qui suivent la route seront faites par la Compagnie à ses frais. On émet également le vœu que le tramway soit poursuivi de Chateauvillain à La Côte St André pour relier à Champier le tramway de Vienne à Charavines et à La Côte St André la ligne de Rives à St Rambert d’Albon. Mais lorsqu’en novembre 1899 Monsieur Bateau demande à la commune de lui céder gratuitement 37 ares de terrain pour l’implantation de la gare et du dépôt, sa demande est refusée...

En novembre 1906 un nouveau projet séduit le conseil municipal. Il s’agit cette fois d’une ligne de tramway Bourgoin-Nivolas-Les Eparres-Chateauvillain. Les communes concernées sont invitées à faire part de leurs préférences, en particulier sur le mode de traction, vapeur ou électrique. La municipalité de Nivolas renouvelle son souhait de voir la création d’une station sur la ligne PLM Lyon-Grenoble avec en plus un embranchement reliant cette station au tramway pour permettre le transbordement des marchandises. Le conseil municipal est prêt à accorder une subvention à condition que le mode de traction retenu soit la traction électrique. Mais le 27 août 1908 se tient à Bourgoin une réunion sur la création du tramway au cours de laquelle les délégués municipaux sont invités simplement à voter les crédits nécessaires et à adopter le projet tel qu’il a été prévu, sans tenir compte des désidérata des communes. Suite à cette réunion la commune de Nivolas menace de ne pas financer le projet et insiste auprès du Conseil Général et du service des Ponts et Chaussées pour la création de la station sur le PLM avec raccordement du tramway. La propriétaire du terrain choisi, Mme Gallois, est même disposée à offrir son bien. Le 4 avril 1909, Monsieur l’Ingénieur ordinaire des ponts et chaussées fait savoir que sur les 3 machines qui circuleront sur le réseau il y aura 2 automoteurs. Le conseil accepte alors d’allouer une subvention sous réserve que dans la traversée des agglomérations de Curtet, Nivolas, et Ruffieu, la voie ferrée soit établie au milieu de la route nationale qui est assez large pour permettre la circulation des voitures de chaque côté, de façon à ne gêner en rien le commerce local…

Finalement il n’y aura jamais de tramway à Nivolas, et toutes les lignes qui ont pu exister ont presque totalement disparu, remplacées par l’automobile. Mais aujourd’hui la pollution et les encombrements provoqués par la circulation automobile obligent à revenir sur les modes de transport collectifs, de sorte que les tramways ont fait leur retour, pour l’instant dans les grandes villes…

          F.PIRAUDON

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