LES PASSAGES A NIVEAU

 Le 1er juillet 1858 la ligne de chemin de fer entre Lyon-Perrache et Bourgoin entre en service. La gare de Bourgoin est alors une gare terminus, le temps que se poursuivent les travaux de prolongement de la ligne jusqu’à Grenoble. Le 22 août 1861, la ligne est ouverte jusqu’à Saint- André-le-Gaz et enfin le 14 juin 1862, la ligne Lyon-Grenoble ouvre à la circulation dans son intégralité.

Le passage du chemin de fer sur le territoire de la future commune de Nivolas-Vermelle nécessite la réalisation de trois passages à niveau.  Dans le sens Lyon-Grenoble, le premier est le PN n°25 au Tillaret, proche du hameau de Ruffieu. Celui-ci permet le franchissement de la route nationale 85, il est repérable aujourd’hui grâce à l’ancienne maison du garde barrière, toujours existante. Le second est le PN n°26, à l’emplacement actuel des établissements Lacroix, qui permet le franchissement du chemin de Ruffieu à Boussieu et au Vernay, dont le seul vestige est la voie sans issue derrière le magasin « Le Géant De La Braderie ». Le dernier passage à niveau est le PN n°27 de la plaine, à côté de la déchetterie, le seul encore en activité aujourd’hui. La création de la commune de Nivolas-Vermelle remonte à 1882, ainsi lors de leur construction les passages à niveau se situaient sur la commune des Eparres pour le PN 25 et sur la commune de Sérézin pour les PN 26 et 27. L’arrivée du chemin de fer favorisa le développement économique de la région en facilitant les échanges commerciaux, en particulier les exportations de farine et de chanvre, les deux principales productions de nos contrées avant que ne se développe l’industrie textile. Dans une moindre mesure le chemin de fer contribua au succès des foires locales. Par exemple vers 1868, le jour de la foire de Ruffieu, qui avait lieu à la mi-septembre, des trains s’arrêtaient à Ruffieu, deux dans chaque sens.

Plus tard, avec le développement du trafic automobile, les passages à niveau devinrent des obstacles à la circulation, en particulier le PN n°25 de la route nationale qui acquit une sombre réputation à cause des nombreux accidents qui se produisirent. De plus, l’attente prolongée des usagers de la route lorsque les barrières du passage à niveau étaient fermées fit dés les années 20 remonter de nombreuses plaintes, en particulier auprès de la municipalité de Nivolas. Il faudra attendre 1930 pour que l’administration supérieure envisage la suppression de ce « point noir » de la circulation routière. Deux solutions furent envisagées. Un passage au dessus de la voie ferrée et un passage en dessous. Le 2 mars 1932 le Conseil municipal de Nivolas fait connaître sa préférence pour un passage inférieur. C’est finalement la solution d’un passage supérieur qui sera retenue. Un passage inférieur aurait eu comme inconvénient de limiter la hauteur libre pour la circulation sous l’ouvrage, une visibilité réduite, mais aussi l’entretien de canalisations importantes pour l’évacuation des eaux. L’ouvrage comprendra un pont situé à 315m au sud-est du PN 25, l’accès à ce pont se fera par deux rampes en remblai, une côté Bourgoin et une côté Nivolas. Une troisième rampe côté Boussieu viendra se raccorder au niveau du pont au remblai côté Bourgoin, permettant ainsi la suppression du PN 26. La construction du pont débute le 6 février 1941. La guerre interrompt le chantier qui reprend en 1946 et s’achève l’année suivante. La mise en circulation de la déviation a lieu le 12 juin 1947. Le même jour intervient la suppression effective des PN 25 et 26, barrières et portillons. Des clôtures sont installées aussitôt pour matérialiser cette suppression et empêcher le passage des piétons. La suppression du passage à niveau de Ruffieu est bien accueillit par les usagers de la route nationale 85. Seuls les habitants de Ruffieu trouvent un inconvénient. En effet, le hameau de Ruffieu est dépourvu de tout commerce et depuis la fermeture du PN n°25 ceux-ci sont obligés de faire un détour de plus de 1 km pour franchir les voies et faire leurs courses à Boussieu ou se rendre à Bourgoin. Pour remédier à cet inconvénient la municipalité demanda à maintes reprises à la SNCF l’installation d’un portillon pour les piétons à l’emplacement de l’ancien passage à niveau. Mais pour des raisons de sécurité la SNCF ne put donner suite à cette requête. Ce n’est que 20 ans plus tard, en 1961, qu’une solution sera apportée par augmentation de la hauteur libre d’un aqueduc déjà existant, proche de l’ancien PN 25, afin de permettre le passage des piétons sous la voie.

Aujourd’hui le PN 27 de la plaine est toujours en service. Depuis le 18 octobre 1966 il est équipé d’une signalisation routière automatique lumineuse et sonore et deux demi-barrières à manœuvre automatique. La maison du garde barrière qui le bordait a été détruite il y a quelques années, ainsi que celle du PN 26. Seule subsiste la maison de garde barrières du PN 25, visible sur la droite lorsque l’on aborde la montée sur le pont en provenance de Bourgoin.

 

                                                                                                                                                             F.Piraudon

 

Sources : TUN n°48

                Archives municipales Nivolas

                IGN

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